Le dépôt de Jumet du TEC Charleroi fête ses 100 ans !

Les transports en commun de Charleroi sont à l’honneur.  Témoignez !

Découvrez l’historique du dépôt de Jumet. Lisez les témoignages de son personnel actif et pensionné. Surfez à travers les années et découvrez l’évolution des transports en commun à Charleroi depuis un siècle : ses véhicules et son réseau. Mais surtout contribuez à la mémoire de ce patrimoine ayant laissé, dans le cœur de beaucoup de carolos, une empreinte souvent sentimentale. Déposez vos souvenirs (photos, vidéos, archives) dans notre rubrique « Exposition virtuelle ».

Partagez vos photos !

Historique

Avant Après
  • Collection ASVI - auteur inconnu

    Machines à vapeur

    Appelées « bicabines » (postes avant et arrière), ces petites machines fonctionnent au charbon, pèsent entre 15 et 25 tonnes et nécessitent beaucoup de personnel.

  • Primitives

    Ces petites motrices à 4 roues disposent d’un confort très sommaire (absence de chauffage, banquettes longitudinales en bois, système de suspension simpliste).

    Collection ASVI - auteur inconnu

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Collection ASVI - auteur inconnu // 1914 - Hainaut

    Manage

    Ces petite motrices sont plus confortables, plus puissantes, mieux conçues (au niveau des châssis, des moteurs ou des équipements électriques) et construites à 130 exemplaires répartis dans tout le pays.

  • Collection ASVI - auteur inconnu // 1958 - Charleroi

    Braine-le-Comte

    Ces véhicules sur châssis disposent de 2 essieux et de 2 moteurs. L’amélioration de la suspension et l’évolution des équipements électriques permettent une conduite plus souple. Le conducteur est entièrement protégé et des portes coulissantes protègent les vastes plateformes. Les sièges sont désormais organisés en deux rangées et chaque plateforme permet d’accueillir 15 passagers.

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Collection ASVI - auteur inconnu // Ligne 83 à Marchienne

    Standard

    Trams modernes à bogies (et non plus à essieux). Ces nouvelles motrices qui ont marqué un grand tournant dans l’évolution des véhicules de transport sont construites à 400 exemplaires répartis sur tout le pays. La taille des moteurs est réduite, la vitesse plus élevée et le confort s’améliore nettement (chauffage, plateformes spacieuses, freinage assisté). Ces motrices Standard seront le fer de lance de la SNCV pendant près de 30 ans.

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Braine-le-Comte à bogies

    Ces motrices sont expérimentées par les Ateliers de Braine-le-Comte. Unidirectionnelles, elles ne peuvent rouler que dans un sens et sont livrées avec des remorques aux mêmes gabarits. Ces motrices sont construites avec de l’aluminium pour alléger leur poids, mais cette technique est difficile à maitriser ; elles sont mises de côté prématurément vers la fin des années 1960.

    Collection ASVI - auteur inconnu

    PCC

    Après la Seconde Guerre mondiale, il était bien vu d’acheter américain. Le gouvernement belge fait donc l’acquisition de 24 PCC. Ces motrices – véritables OVNIs urbains – rompent avec la sobriété et la simplicité du matériel d’époque : extrêmement rapides, elles sont aussi très capricieuses, gourmandes en électricité et difficiles à entretenir. Ces PCC sont finalement revendues en Yougoslavie en 1960.

  • Collection ASVI - auteur inconnu

    Type S

    Ces motrices économiques et robustes sont construites sur une base solide et fiable. Le Hainaut a pu uniformiser son parc de véhicules en utilisant ces Type S.

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Électrobus

    Une alternative électrique au tram est entretemps proposée : l’électrobus. Celui-ci est équipé d’une « roue électrique » en guise de moteur, monté sur l’essieu arrière du véhicule. Un autre moteur diesel complétait ce système.

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Collection ASVI - auteur inconnu

    Type SM

    Adaptation de certaines motrices type S par l’ajout d’une marche amovible pour permettre la circulation sur les 1ers tronçons du Métro Léger de Charleroi (MLC). Elles circulent sur la quasi-totalité des lignes. Ces motrices sont reconnaissables par leurs « moustaches » (deux lignes qui se rejoignent sous le phare) sur la face avant.

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Collection ASVI - auteur inconnu // Courcelles

    Type SJ

    Au vu de l’extension du MLC, l’Atelier de Jumet a entrepris la modernisation d’une petite série de 24 Type S afin de les mettre aux normes et de leur donner un aspect plus moderne.

    Collection ASVI - JF Bromeley // Charleroi

  • Collection ASVI - JF Bromeley // 1990 - Haine St-Paul

    BN

    Cette série de motrices est le fleuron de technologie à l’époque : longues, articulées et posées sur 3 bogies, roulement silencieux, équipement électronique à la pointe du confort, suspension pneumatique, éclairage automatique, marchepieds rétractables, portes automatiques… Sous-utilisées pendant de nombreuses années, ces motrices circulent encore actuellement sur le réseau du TEC Charleroi. Bien évidemment, l’électronique et les revêtements ont été modernisés et sont révisés quotidiennement par l’Atelier de Jumet.

    Collection ASVI - auteur inconnu

  • Les bus

    L’arrivée des bus s’est faite progressivement. Vers 1930, il existait déjà une ligne de bus entre Marchienne et Jumet (Houbois), mais elle a été supprimée lors de l’extension du réseau tram. Une exception puisque par la suite, ce seront les bus qui remplaceront progressivement les trams. En effet, en 1953, le tram de Chastre a été retiré et remplacé par une ligne de bus. A partir de cette période, des tronçons de tram ont été régulièrement supprimés, comme les trams 83 en 1955 et 60 en 1957. Dès qu’une ligne de tram disparaissait, un bus en reprenait le trajet. Le dépôt de Jumet s’est toujours adapté en laissant petit à petit de la place pour les autobus, mais sans pour autant délaisser le tram, étant situé au milieu du plus dense réseau vicinal du pays.

    SNCV - Brossel A93 DAR // Collection M.Reps - auteur inconnu // www.zone01.be

  • TEPCE - Brossel A88 DLH Jonckheere // Collection S.Delaplace - auteur inconnu // www.zone01.be

  • SNCV - Van Hool 420HA St.4 // Collection Axel Vandecasteele - Photo: A. Van Baren

  • STIC - Brossel A99 DARVM // Photo: Peter Shearman // www.zone01.be

  • SNCV - Van Hool 420 HA St.6 // Collection M.Reps - auteur inconnu // www.zone01.be

  • STIC - Brossel BL55S // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • STIC - Van Hool 409 AU9 // Collection M.Reps // www.zone01.be

  • SNCV - DAF MB200 - Den Oudsten // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • STIC - Van Hool 409 AU 93 // Collection M.Reps // www.zone01.be

    SNCV - Van Hool 409 AI 6 // Collection M.Reps - auteur inconnu // www.zone01.be

  • SNCV - Van Hool AI 119 2// Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • STIC - Van Hool A120 02 // Collection S.Delaplace - auteur inconnu // www.zone01.be

  • SNCV - Van Hool A120 01 // Photo: M.Reps // www.zone01.be

    SNCV - Volvo B58 60 Jonckheere // Photo: L.Bollen // www.zone01.be

  • SNCV - Van Hool A120 31 // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • STIC - Van Hool A120 31 // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • SNCV - Jonckheere transcity Volvo B10R 55 // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • STIC - Van Hool A280 STIC // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • SNCV - VW MAN 9.136FOC // Photo: M.Reps // www.zone01.be

    SNCV - Van Hool A120 intercity // Collection M.Reps - Photo: A.Vlieghe // www.zone01.be

  • SNCV - Van Hool A600 // Photo: M.Reps // www.zone01.be

    SNCV - Volvo B10R Van Hool A120P // auteur inconnu // www.zone01.be

  • TEC - Renault FN05E // Photo: M.Reps // www.zone01.be

  • TEC - Jonckheere Premier // auteur inconnu // www.zone01.be

  • TEC - Peugeot Q Bus Q96 // auteur inconnu // www.zone01.be

  • TEC - Mercedes Benz O 550 // Photo: S.Delaplace // www.zone01.be

  • Van Hool A330 // Photo: Cédric Royaux

  • Irisbus Agora S // Photo: Cédric Royaux

    Man A35 Jonckheere Transit 2000 M-Monument // Photo: Cédric Royaux

  • Irisbus Citelis 12 // Photo: Cédric Royaux

  • Mercedes Benz Citaro LE // Photo: Cédric Royaux

  • VDL Bus & Coach Citea CLF120 // Photo: Cédric Royaux

    Van Hool newAG300 // Photo: Cédric Royaux

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Ligne à traction chevaline
    • 1881

      Création de la 1ère ligne entre Charleroi-Sud et la rue de l’Ecluse via la rue du Collègue, la place Verte (Albert 1er) et la rue de Marcinelle. Cette ligne est à traction chevaline.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    • 1883

      Les 2 premières lignes du futur réseau des tepce sont en service. Elles sont alors exploitées par la « Société des Chemins de fer Vicinaux Belges ».

    • 1885

      Création de la SNCV (Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux), qui a pour mission de créer des lignes de chemin de fer ou de tramways sur l’ensemble du territoire belge afin d’offrir un réel service de transport public.

    • 1887

      Construction des 3 premières lignes de tramway de la SNCV.. L’une d’elles mène jusqu’à Lodelinsart (St-Antoine), en passant par la chaussée de Bruxelles. Cette ligne G est parcourue par un tram à vapeur tirant des remorques.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    • 1901

      Apparition de la traction electrique qui remplace progressivement la traction à vapeur.

    • 1904

      Création de la société des « Tramways Electriques du Pays de Charleroi et Extension » (TEPCE) qui reprend l’exploitation des 2 premières lignes de la « Société des Chemins de fer Vicinaux Belges ».

      Construction du dépôt « Genson ».

      La traction à vapeur est définitivement bannie du centre-ville.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    • 1915

      La ligne G est prolongée jusque Gosselies (Calvaire) où elle rejoint (sans jonction) une ligne de tram à vapeur venant de Chastre et se dirigeant vers Courcelles.

      Construction du dépôt de Jumet.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    • 1928

      Les lignes de tramways portent désormais des numéros, et non plus des lettres.

    • 1929

      Une première jonction avec le réseau du Centre est établie à Anderlues.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    • 1932

      Les TEPCE font circuler le 1er autobus entre Charleroi et Dampremy (La Broucheterre). Le succès n’est pas rencontré, et la ligne est finalement abandonnée.

    • 1932-1935

      Des nouvelles sections de lignes sont inaugurées, comme la ligne 41 vers Trazegnies, complétant ainsi le maillage dans Jumet.

    • 1935

      Charleroi est relié à Mons par tram. Cette ligne circulera sous l’indice 90.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    • 1940-1945

      Durant la Seconde Guerre mondiale, certaines sections de lignes de tram sont démontées, d’autres abandonnées. La destruction des ponts rend l’accès à Charleroi très difficile. Cependant, l’exploitation continue son extension et les services se rétablissent petit à petit. Les sections de lignes les moins rentables sont alors remplacées par les autobus.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    • 1953

      Charleroi est relié à Namur par tram.

    • 1956

      La dernière extension du réseau tram de charleroi est mise en service à Pont-à-Celles.

    • 1957

      Le bus détrône le tramway ; la STIC et la SNCV se lancent dans le mouvement. En 1957, la ligne vicinale reliant Charleroi-Sud à Montignies-Neuville est remplacée par un service d’autobus.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    3. Lignes Bus TEPCE / STIC
    4. Lignes Bus SNCV
    • 1962

      La STIC (Société des Transports Intercommunaux de Charleroi) remplace les TEPCE. Moderne, l’autobus se faufile dans la circulation, contrairement au tramway. Les coûts d’exploitation du bus sont largement inférieurs à ceux du tramway.

    1. Lignes Tram TEPCE / STIC
    2. Lignes Tram SNCV
    3. Lignes Bus TEPCE / STIC
    4. Lignes Bus SNCV
    • 1973

      La liaison vers Mons est supprimée, la ligne 90 est redirigée vers La Louvière via Binche.

    • 1974

      Le déclin du tramway continue cependant. Le dernier « tram vert » de la STIC rentre au dépôt Genson le 1er juillet.

    • 1976

      La première section du Métro Léger de Charleroi (MLC) est inaugurée. Les quelques lignes de tram toujours existantes rejoignent la gare de Charleroi-Sud en utilisant cette nouvelle infrastructure.

    1. Lignes Tram SNCV
    2. Lignes Bus TEPCE / STIC
    3. Lignes Bus SNCV
    • 1988

      Seules 2 lignes de tram sont encore exploitées à Charleroi (jusqu’en 1993), circulant en partie sur les infrastructures existantes du métro léger : la ligne 89 « Charleroi – Anderlues » et la ligne 90 « Charleroi – Anderlues – Binche – La Louvière »

    1. Lignes Tram SNCV
    2. Lignes Bus TEPCE / STIC
    3. Lignes Bus SNCV
    • 1990

      Les sociétés de transport en commun tombent sous la tutelle des Régions. La partie wallonne de la SNCV est fusionnée avec les sociétés de transport en commun situées en Wallonie, dont la STIC. Un nouveau souffle pour Charleroi et son réseau.

    1. Lignes Bus TEC
    2. Lignes Tram TEC
    • 1991

      La Société Régionale Wallonne du Transport (SRWT) est créée, ainsi que 5 Sociétés autonomes d’exploitation des transports en commun : TEC Hainaut, TEC Charleroi, TEC Brabant Wallon, TEC Namur-Luxembourg et TEC Liège-Verviers.

    1. Lignes Bus TEC
    2. Lignes Tram TEC
    • 2012

      En février, le TEC Charleroi inaugure l’extension du MLC par la fermeture de la boucle urbaine (via la création de la station Tirou) et par la naissance de 3 nouvelles stations de métro au-delà de Gilly : Marabout, Sart-Culpart et Soleilmont.

    • 2013

      La ligne de métro M3 est inaugurée en grandes pompes : désormais, les trams relient à nouveau Charleroi à Gosselies (Faubourg de Bruxelles) en traversant Dampremy, Lodelinsart et Jumet.

    1. Lignes Bus TEC
    2. Lignes Tram TEC
    • 2015

      Aujourd’hui, le TEC Charleroi, c’est : 4 lignes de métro pour 46 motrices, 74 lignes de bus pour près de 300 véhicules, 9 infrastructures dont 4 dépôts, 2 ateliers et 3 centres d’entretien, et 1095 membres du personnel, dont 631 chauffeurs.

  • Les origines

    Le dépôt de Jumet a été bâti lors du prolongement de la ligne de Lodelinsart vers Gosselies en 1915 et comportait alors dix voies. Comme tous les dépôts, il a dès le départ assuré les entretiens mais il a été par la suite doté d’un important atelier, véritable centre spécialisé vers lequel on redirigeait les véhicules ayant besoin de compétences particulières. Des compétences qui sont encore aujourd’hui la caractéristique du dépôt, en charge de l’entretien et de la réparation de quasi tous les véhicules du TEC Charleroi.

    A l’époque, le dépôt de Jumet complétait à la fois les services du dépôt de Charleroi (qui se trouvait à l’emplacement actuel du bâtiment Villette, place des Tramways), et d’autres petites remises dispersées sur le réseau carolo. De par sa construction tardive, le dépôt de Jumet n’a pas connu les trams à vapeur des origines, mais est resté l’acteur essentiel de la période de gloire du développement des lignes électriques. Le dépôt de Jumet était en effet capable de produire sa propre électricité (2400 KW) afin de renforcer l’alimentation électrique du réseau.

    Le dépôt de Jumet s’est rapidement trouvé au centre d’une toile dense de lignes, inégalée ailleurs en Belgique, servant tous les acteurs économiques de la région. Il a ainsi pu faire face à l’augmentation de la demande durant les grandes extensions du réseau autour de Charleroi. Les lignes du réseau de l’époque ont en effet permis de circuler pratiquement partout dans la province : à l’Ouest au-delà de Mons, et à l’Est jusque Namur.

  • Les bus

    L’arrivée des bus s’est faite progressivement. Vers 1930, il existait déjà une ligne de bus entre Marchienne et Jumet (Houbois), mais elle a été supprimée lors de l’extension du réseau tram. Une exception puisque par la suite, ce seront les bus qui remplaceront progressivement les trams. En effet, en 1953, le tram de Chastre a été retiré et remplacé par une ligne de bus. A partir de cette période, des tronçons de tram ont été régulièrement supprimés, comme les trams 83 en 1955 et 60 en 1957. Dès qu’une ligne de tram disparaissait, un bus en reprenait le trajet. Le dépôt de Jumet s’est toujours adapté en laissant petit à petit de la place pour les autobus, mais sans pour autant délaisser le tram, étant situé au milieu du plus dense réseau vicinal du pays.

  • Grandeur et déclin

    Le dépôt de Jumet était compétent dans tous les domaines et participait activement aux entretiens et rénovations de tous les véhicules actifs de la région. Mais une grande partie du travail était effectuée dans les ateliers centraux de la SNCV à Bruxelles, rue Eloy, centre névralgique des vicinaux à l’époque. Lorsque ceux-ci ont progressivement fermé leurs portes à la fin des années 60, le dépôt de Jumet restait alors le dernier atelier complet. Jusqu’en 1978, il a repris logiquement les travaux entrepris par les derniers réseaux restants, comme ceux effectués pour les derniers trams vicinaux de Bruxelles. De nombreux trams bruxellois, anversois ou liégeois ont d’ailleurs fini leur vie dans le Hainaut, notamment au dépôt de Jumet.

  • Espoir

    Le projet du Métro Léger de Charleroi des années 60 devait préserver le rôle central de l’atelier et dépôt de Jumet même si les projets envisageaient d’autres lieux de stockage des trams sur le réseau. Des véhicules spécifiques pour l’entretien des lignes et des voies y sont mêmes construits ou adaptés, une série de motrices sont même rénovées, les fameuses « Type S Jumet ». Elles permettront de faire face aux nouvelles extensions du métro.

    Mais l’histoire s’est écrite autrement : malgré l’arrivée des nouveaux trams à partir des années 80, le réseau s’est réduit, les grands projets ont été petit à petit ralentis ou abandonnés… Seul le réseau bus augmentait de plus en plus. L’activité restait intense, mais celle du tram par contre diminuait drastiquement, jusqu’en 1988 avec l’abandon des dernières lignes de la région. Le réseau tram est alors réduit à son strict minimum, la liaison de l’atelier est maintenue, mais Jumet n’effectue presque plus de prestations et se contente d’entretenir les trams qui sont majoritairement utilisés par le dépôt d’Anderlues.

  • Renaissance

    La faiblesse économique de la région dans les années 80 n’apportait pas de projet porteur, l’activité du dépôt n’a donc pas connu de variations. C’est finalement « l’après-régionalisation » qui a permis un signe d’espoir. Mais à ce moment-là l’argent faisait défaut… Il aura fallu encore quelques années pour voir un renouveau, avec la reprise des ouvertures des branches du Métro Léger de Charleroi (MLC) : d’abord timidement, avec une première extension vers la station Waterloo et la branche de Gilly, en 1992. Signe que les choses recommençaient à bouger. En 1996, un morceau de la boucle urbaine a été ouvert, jusque Parc. Enfin, il faut attendre 2012 pour voir arriver l’extension vers Soleilmont et 2013 pour la ligne de Gosselies, l’ancien 62 abandonné en 1988, et inaugurée sous sa nouvelle dénomination, la ligne M3.

    Durant cette période de nouvelle croissance, le dépôt n’a pas cessé de se moderniser et de s’adapter : nouveaux emplacements pour autobus, nouvelles voies pour le tram, remise en service de trams en prévision des extensions, création d’une piste d’auto-école unique en Wallonie…

  • Aujourd’hui

    Aujourd’hui, le dépôt de Jumet est à nouveau au centre d’un réseau remis à neuf et ne demande qu’à grandir : un nouvel espace couvert pour protéger les trams des intempéries est en cours de construction. Parallèlement, le dépôt de Jumet continue aussi, en plus des entretiens courants, à adapter le matériel aux nouvelles technologies.

    Jumet répare, Jumet rénove.

    Aujourd’hui Jumet c’est :

    • un centre d’entretien bus qui gère :
      • 115 bus pour les sorties du dépôt de Jumet et 9 autobus pour les sorties du dépôt de Nalinnes
      • l’entretien de 150 bus (Jumet, Nalinnes et Anderlues)
    • un centre d’entretien trams qui gère :
      • 35 motrices pour les sorties du dépôt de Jumet (M3 et M4), les tramways spéciaux et d’écolage
      • l’entretien de grande périodicité pour tous les trams du parc de TEC Charleroi
    • un atelier qui gère :
      • la maintenance pour les 150 bus
      • la maintenance pour l’ensemble des trams du parc de TEC Charleroi
    • 105 salariés (centre d’entretien bus, tram et atelier) et 5 salariés magasiniers
    • 308 chauffeurs
    • 19 employés (10 exploitation + 9 technique)

Témoignages

Avant Après
  • Albert Dekée, ouvrier pensionné

    Albert Dekée, ouvrier pensionné

    Albert Dekée, 87 ans, a commencé à travailler à la SNCV lors de la Seconde Guerre mondiale :

    «  Je suis entré à 14 ans à l’atelier de Jumet pour préparer et nettoyer les moteurs de trams. On m’a rapidement appelé à l’atelier peinture pour aider les chefs peintres car de nombreux ouvriers étaient partis en Allemagne. Entre 1940 et 1945, des soldats allemands avaient réquisitionné une partie des voies de tram qui leur servaient de garage pour stocker leurs camions. Tout y était cloisonné et nous ne communiquions jamais avec eux. Après la guerre, j’ai continué à évoluer au sein de l’atelier et j’ai fini mes 10 dernières années en tant que chef peintre. Depuis mon départ à la retraite en 1982, je n’avais plus jamais pris le tram jusqu’à aujourd’hui (9 octobre 2015) ! Cela m’a fait tout drôle de voir circuler le tram à travers Gosselies, en roulant une fois sur la gauche, puis une fois sur la droite. J’ai d’ailleurs eu quelques petites frayeurs lorsqu’il est entré dans les tunnels de la boucle urbaine… (rires) !  »

  • Bertrand Brunemer, électromécanicien

    Bertrand Brunemer, électromécanicien

    Bertrand, à peine âgé de 20 ans et fraîchement sorti de l’école, est arrivé au TEC Charleroi cette année en tant qu’électromécanicien au centre d’entretien trams. Il veille notamment à ce que l’électronique des portes des trams fonctionnent correctement et que les films soient opérationnels.

    «  Travailler à l’atelier de Jumet, c’est comme un renouveau. C’est de l’expérience qui m’est transmise venant de mes collègues et c’est une vraie richesse. » Quant au centenaire du dépôt de Jumet, Bertrand a été surpris de l’apprendre : « malgré le temps écoulé et la modernisation de la technologie, ce dépôt est toujours là et c’est incroyable. Il est normal qu’on le fête.  »

  • Cathy Piron, nettoyeuse de trams

    Cathy Piron, nettoyeuse de trams

    Cathy, 49 ans, travaille à l’atelier du dépôt de Jumet depuis deux ans en tant que nettoyeuse de trams. Mais en réalité cela fait déjà quatre ans qu’elle s’est engagée au TEC Charleroi. Au départ, c’est suite à un remplacement au métier de garnisseuse des sièges des véhicules qu’elle a été engagée. Ensuite, Cathy a été transférée au nettoyage des bus et enfin des trams.

    «  Je n’aurais pas imaginé un jour faire ce métier et je suis fière quand un tram propre sort du dépôt. Si vous saviez tout ce qu’on trouve à bord. Il est même arrivé qu’on y découvre des seringues. » Et travailler dans un monde quasi exclusivement masculin n’a jamais rebuté Cathy. « Si au départ, j’étais un peu sur le qui-vive, peu à peu j’ai découvert une vraie famille ici au TEC Charleroi et plus précisément à l’atelier de Jumet. Au final, les hommes sont de vrais enfants », dit-elle avec le sourire. « En ce qui concerne le dépôt même de Jumet, je trouve cela très bien qu’on fête son centenaire. C’est déjà incroyable de constater comment ont évolué les véhicules quand on observe certaines photos anciennes.  »

  • Cédric Navez, gestionnaire planning

    Cédric Navez, gestionnaire planning

    Le TEC Charleroi, c’est une grande histoire de famille pour Cédric Navez, 29 ans. Avec un grand-père ayant été chauffeur puis mécanicien à l’atelier bus au dépôt d’Anderlues, un père chauffeur, des oncles et cousins travaillant en tant que brigadier, préparateur bus, dispatcher énergie ou encore aux voies et même un beau-frère chef de dépôt, Cédric est entré dans la société en 2008 en tant que chauffeur.

    «  Au départ, je ne voulais pas rentrer au TEC par peur qu’on ne dise que je suis « le fils de ». Mais je ne regrette rien », commente Cédric. Deux ans plus tard, il devient Gestionnaire planning et s’occupe d’organiser les plannings des chauffeurs. Quant au dépôt, Cédric ne pensait pas qu’il avait 100 ans « ça fait autant d’années qu’il y a des véhicules qui sortent de ce dépôt. Et savoir qu’il y avait donc des gens qui, à l’époque, faisaient le même boulot que nous, c’est impressionnant.  »

  • Claudy Alexandre, chef de dépôt

    Claudy Alexandre, chef de dépôt

    C’est en 1988, à l’âge de 21 ans, que Claudy Alexandre entre à la SNCV. Pendant 8 ans, il exercera le métier de chauffeur, 2 ans et demi celui de contrôleur, 10 ans celui de dispatcheur et enfin celui de chef de dépôt de Jumet. Cela fait donc depuis 7 ans que Claudy gère le service Exploitation du site de Jumet.

    «  Je n’imaginais pas que le dépôt puisse déjà avoir 100 ans. Vous savez, les gens font leur carrière, passent et puis oublient », commente Claudy. « Ce dépôt a été marqué par la réunification des chauffeurs d’autres dépôts comme celui de Trazegnies et de Charleroi lors de leurs disparitions. A l’époque, ce n’était pas chose évidente puisqu’il a fallu concilier les mentalités. En outre, ce rassemblement de dépôts a eu pour conséquence la fin de ce que l’on appelait les « petits roulements », à savoir que les prestations de nos agents s’effectuaient dès lors sur des lignes plus étendues », explique Claudy. « En termes d’infrastructure du bâtiment, je me souviens très bien de la réhabilitation du terrain vague vers 2006 ayant permis la construction d’un parking plus adapté au parc grandissant de véhicules, notamment pour les bus articulés  », se remémore Claudy.

  • Hervé Brouhon, Brigadier levage tram

    Hervé Brouhon, Brigadier levage tram

    « Je suis arrivé en tant que stagiaire en électromécanique au TEC Charleroi (à l’époque SNCV) en 1986, après mon service militaire. Cela fait donc presque 30 ans que je travaille à l’atelier de Jumet ; le levage tram n’a plus de secrets pour moi  Aujourd’hui, lorsque je m’aperçois que le dépôt de Jumet a 100 ans, je n’en reviens pas… J’ai la moitié de son âge, 50 ans ! Ça ne nous rajeunit pas, mais cela prouve que la société actuelle aura toujours besoin des transports publics. Bien évidemment, les mentalités, les infrastructures et les ressources humaines ont changé : en 1986, nous étions 26 agents dans la brigade « levage tram ». Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 5. La qualité et la manière de travailler, l’amélioration des outils et la technologie a permis de réduire le nombre d’ouvriers de manière signifiante. C’est seulement en m’intéressant aux archives et/ou autres documents poussiéreux retrouvés au fond d’une armoire que je me rends compte du nombre d’agents qui sont venu travailler à Jumet… C’est incroyable ! »

  • Jean Van Hout, aubettier pensionné

    Jean Van Hout, aubettier pensionné

    L’évolution de la tarification et de la billettique a le plus marqué Jean Van Hout, 72 ans, ancien aubettier (ndlr : agent de vente) :

    «  J’ai connu les titres de transport sous toutes leurs formes, sans parler de la tarification (par section, zonale…) et des machines d’époque (Almex, Prodata). Les calculs, c’était mon dada, donc je n’avais aucune difficulté à m’adapter aux nouveaux tarifs. Je peux vous dire que j’ai vécu mes plus belles années en tant qu’aubettier: je n’avais aucun mal à nouer des dialogues avec les clients qui prenaient plaisir à venir acheter leurs titres de transport dans ma petite aubette en métal à Marchienne !  »

  • Jean-Claude Pierman, Gestionnaire planning chauffeurs

    Jean-Claude Pierman, Gestionnaire planning chauffeurs

    «  Le dépôt de Trazegnies a été mon premier dépôt d’attache lorsque j’ai commencé à travailler pour la SNCV en 1976. J’effectuais alors le rôle de receveur car je n’avais pas encore l’âge légal pour conduire (ndlr : 21 ans). Une fois mon permis validé, je suis devenu chauffeur-receveur et j’ai parcouru de nombreux kilomètres avec les trams de l’époque. Les Type S étaient des motrices très rudimentaires : s’il gelait dehors, vous pouviez être certain qu’il allait geler aussi à l’intérieur ! D’ailleurs, presque tous les chauffeurs roulaient avec des moufles en hiver. Il m’arrivait aussi de porter une bouillotte contre ma poitrine pour me protéger du froid. Chaque conducteur disposait également d’une « sucette », un petit mouchoir fermé comme une bourse et qui contenait du sel à l’intérieur ; on s’en servait alors pour gratter le givre qui s’était installé à l’intérieur du pare-brise du tram !  »

  • Jean-Louis Janssens, mécanicien bus

    Jean-Louis Janssens, mécanicien bus

    «  Au quotidien, les jeunes ouvriers de l’atelier de Jumet aiment beaucoup me taquiner… Faut dire qu’à 63 ans je suis un vieux de la vieille ! (rires) J’ai commencé à travailler en 1976 au dépôt de Charleroi : l’ambiance était tellement bonne entre collègues que le surplus de travail ne nous faisait pas peur ; j’ai d’ailleurs le souvenir d’avoir presté plus de 38 jours de travail sans un seul jour de repos, c’est vous dire… J’étais très actif sur le terrain – et maintenant encore ! – et je n’hésitais pas une seule seconde à retrousser mes manches lorsqu’il fallait aider les ouvriers trams à réaliser certaines manœuvres sur les motrices. Quand je repense à ma carrière, je suis un peu nostalgique de la vieille société, là où la polyvalence et la solidarité entre collègues étaient de mise. Depuis la fusion des TEC en 1991, les métiers se sont spécifiés et chacun a désormais un rôle bien déterminé…   »

  • Willy Pacifici, responsable de l’auto-école

    Willy Pacifici, responsable de l’auto-école

    Pour Willy Pacifici (64 ans), Responsable auto-école, travailler pour la SNCV (ndlr : Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux) était avant tout une vocation :

    «  Conducteur de bus/tram était plus qu’un métier, c’était une conviction ! Chaque matin, nous nous levions en sifflotant et nous arrivions souvent avec 30 minutes voire 45 minutes d’avance sur notre horaire pour pouvoir discuter avec nos collègues ou taper la carte. Il y avait même un dortoir au dépôt de Jumet, c’est vous dire ! Dans le tram, le receveur était installé parmi les voyageurs : cette convivialité et cette complicité avec les clients réguliers permettaient d’imposer un certain respect vis-à-vis des agents SNCV.  »

Exposition virtuelle

Une histoire commune…

Découvrez l’évolution des transports en commun carolos et leurs caractéristiques si spécifiques au travers de photos, vidéos ou anecdotes transmises par les internautes !
Vous désirez contribuer à la mémoire collective et avez en votre possession des documents visuels inédits sur les transports en communs de Charleroi ? N’hésitez pas à déposer vos archives sur cette page et à faire de cette exposition virtuelle une véritable mine de souvenirs !

DécouvrirParticiper

Tram-musée

Pas moins de 200 personnes ont foulé le sol du tram-musée itinérant qui s’est positionné à des points-clés du réseau pour faire découvrir l’univers et l’évolution des transports en commun carolos.

A son bord, de nombreux objets appartenant au TEC Charleroi et à l’ASVI (Association pour la Sauvegarde du Vicinal) étaient exposés et retraçaient l’histoire du TEC Charleroi, au travers de ses véhicules, réseaux et autres objets de collection.

 

 

 

 

Visites du dépôt de Jumet

Vous avez été plus de 160 à découvrir nos ateliers!

Vous avez été très nombreux à avoir participé à ces visites guidées. Au départ, 4 dates avaient été proposées en décembre 2015, mais vu la demande, 4 autres visites ont été programmées en janvier 2016. Un réel succès! Merci pour votre intérêt, votre curiosité et vos questions… A bientôt.

Concours

Gagnez un appareil photo réflex SONY alpha 58 !

Vous avez déposé dans notre exposition virtuelle une photographie témoignant de la vie dans le dépôt de Jumet ou de l’évolution des transports en commun à Charleroi ? Pour vous remercier, le TEC Charleroi vous donne la possibilité de remporter un appareil photo réflex SONY alpha 58.

Pour cela, rien de plus simple. Le grand gagnant sera désigné par un jury qui aura sélectionné sa photo parmi celles ayant récolté le plus de votes du public.

>> Le concours est clôturé depuis le 4 janvier 2016 et le gagnant a été personnellement averti. Merci à tous pour votre participation! <<<